un rendez-vous désormais incontournable pour les amateurs du quatrième art en Tunisie et dans le monde arabe. Cette nouvelle édition accueillera plus d'une vingtaine de productions théâtrales tunisiennes, arabes et internationales et promet une programmation riche, plurielle et ouverte sur les différentes expressions du théâtre contemporain.
C'est donc le jeudi 30 avril au Centre Afrique des Arts que se déroulera la cérémonie d'ouverture de cette édition avec la présentation de l'inaugural « SDF », par l'artiste tunisienne Wahida Dridi, œuvre promettant au public un moment artistique fort émotionnellement créatif. La clôture du festival sera le 3 mai à la Salle du Quatrième Art, avenue de Paris à Tunis, après les quatre jours d'effervescence artistique.
Cette édition se déroule sous le signe de « la session de l'artiste Fathi Haddaoui », en hommage à ce regretté comédien tunisien dont le parcours singulier a profondément marqué la scène théâtrale et dramatique nationale et arabe et dont le souvenir est aujourd'hui honoré par la présente distinction que les organisateurs entendent décerner à un artiste ayant consacré sa vie à la vie de l'art en laissant une empreinte indélébile dans l'histoire et la mémoire culturelles tunisiennes.
Dans la compétition officielle, plusieurs productions lieux d'horizons variés se succéderont sur les planches tunisiennes. Le 1er mai, la Palestine présentera la pièce « Aal Maabar », puis ce sera au tour de l'Algérie avec le spectacle « Safran ». Le 2 mai, la Tunisie présente « Beya », avant la représentation libyenne de « Le Politicien amoureux ». La pièce tunisienne « Wahdi » sera à l'affiche le 3 mai.
Le programme accueillera également plusieurs œuvres marquantes telles que « Hamlet dans la ville » (Irak), « L'Ombre de la mémoire » (Tunisie), « Le Tissu dangereux » (Arabie saoudite), « Me voici » (Maroc), « La Dernière Station » (Jordanie) ainsi que deux spectacles invités d'Espagne et des États-Unis.
Dans sa Volonté de soutenir la relève artistique, le festival accorde une place importante aux jeunes créateurs par le biais d'une compétition dédiée au monodrame jeune, rassemblant onze œuvres théâtrales dont la majorité sont des productions tunisiennes. On y trouve « La Dame aux poignards », « Perdue entre les mondes », « Entre deux », « Où étais-tu ? » et « Cage ». Ces représentations accompagneront les spectacles programmés dans plusieurs régions du pays, et ce ; dans une démarche de décentralisation culturelle.
Mais le Festival International de Monodrame de Carthage ne se limite pas à la scène. Il ambitionne également d'être un lieu de réflexion, de transmission et de dialogue autour des questions qui soulèvent le théâtre contemporain. Cette édition sera rythmée par des conférences, rencontres professionnelles, débats intellectuels, ateliers de formation et masterclass, permettant aux participants d'affiner leurs compétences et d'accéder à de nouvelles approches artistiques. Le livre sera également mis en avant avec la présentation d'ouvrages spécialisés destinés à enrichir la réflexion autour de la pratique théâtrale.
Le Festival prévoit également d'investir plusieurs lieux culturels emblématiques de Tunis afin de rapprocher les spectacles du public et d'élargir considérablement leurs possibilités d'accessibilité, puisque l'avenue Habib Bourguiba sera véritablement transformée en un immense ciel ouvert au cours d'une scène de concours de l'art de rue avec la participation de huit spectacles venus de Mauritanie, de Jordanie, d'Algérie, de Libye et de Tunisie, et des hakawati (Contes théâtraux) feront également partie de la programmation puisque six représentations de cet art reconnu internationalement, sont programmés.
Cette édition rassemblera une constellation d'artistes et autres professionnels, dont notamment, Fatima Hajeb d'Arabie saoudite, Valer Egouy de France, Sef Townsend d'Angleterre, Evrim Olcer de Turquie et Zohra Khaznaoui du Maroc.
Lors de cette édition pour le moins atypique, plusieurs figures du monde théâtral sont à l'honneur et notamment l'invité d'honneur, Jabbar Al-Joudi, le Dr Haider Manaather d'Irak, l'artiste tunisienne Rim Abroug, le Dr Sami Jomaan, d'Arabie saoudite et l'artiste libyen Ramadan Al-Mardaoui.
Les Journées du Monodrame Jeune seront, pour leur part, dédiées à la mémoire de l'artiste tunisien disparu, Saâdi Zaidani dans un souci de pérenniser le souvenir des figures emblématiques ayant marqué la scène nationale.
Pour le directeur du festival et comédien Ikram Azzouz, aujourd'hui cette manifestation est bien plus qu'un simple événement culturel. Elle s'impose désormais comme une plateforme de dialogue artistique et humain, un espace international d'échanges d'expériences, de sensibilités, voire de visions du monde, sa visibilité dans le circuit régional, étant désormais liée à sa claire ambition affichée : faire de la Tunisie la capitale arabe du monodrame, et consolider la place du pays comme carrefour incontournable du théâtre contemporain dans la région.